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Eau potable : tout peut changer au pays de Gex!

Les élus doivent s’exprimer le 17 décembre prochain au sujet du nouveau mode de gestion de l’eau potable et de l’assainissement, qui sera effectif à partir du 1°janvier 2018

La facture est salée.
Le Pays de Gex affiche un prix au m3 de 1.91€ qui ne cesse d’augmenter *, alors que dans les collectivités ayant fait le choix d’une gestion publique les tarifs sont concurrentiels : 1.57€ pour le grand Poitiers, 1.375€ à Clermont, 1.37€ à Besançon…

Le contrat actuel de gestion de l’eau, signé pour une durée de 11 ans avec deux entreprises (SOGEDO pour l’eau potable et SUEZ Environnement pour l’assainissement) arrive à terme en 2017, et pourrait être remplacé par une gestion publique en régie. Continuer la lecture de Eau potable : tout peut changer au pays de Gex!

Et si, tous comptes faits, on dé-privatisait ?

A Lire:

« Revenir au service public ?« , Gilles Jeannot et Olivier Coutard, édition La documentation française, 2015,

arton570Le mouvement d’ouverture à la concurrence des entreprises jouissant d’un monopole de service public de réseau (électricité, gaz, chemins de fer, postes, télécommunications…), engagé depuis la fin des années 1990 semblait inexorable. Évoquer le retour au service public pouvait même sembler irréaliste. Or, quelques expériences, même si elles sont limitées ouvrent aujourd’hui cette possibilité. En 2012, Paris a ainsi « re-municipalisé » son eau. En 2014, un rapport parlementaire envisage une renationalisation des autoroutes. Ces expériences questionnent le modèle libéral qui s’est imposé en Europe. Quelle est la mécanique de la libéralisation ? Quel bilan économique pour le consommateur ? Quelles réactions de la société ?

7,90 euros.

Gilles Jeannot est sociologue, membre du LATTS (Laboratoire techniques territoriales et sociétés)
Olivier Coutard est socio-économiste, membre du LATTS (Laboratoire techniques territoriales et sociétés.

ALERTE : Augmentation du prix de notre facture d’eau

Une enquête menée par  60 millions de consommateurs et la Fondation France Liberté fait état d’une hausse généralisée du prix de l’eau.

Dans cette étude, basée sur 130 grandes villes françaises, il apparait que le prix de l’eau entre 2011 et 2014 a augmenté de 6,3%. Quelques villes Rhône-Alpines sont incluses dans cette analyse. Nous retrouvons notamment les villes d’Annecy (+19%), de Privas (+17%),  de Chambéry (+11%), de Grenoble (+11%), de Lyon – Vénissieux – Villeurbanne (+7%) , de Valence (+6%). Cette hausse des prix généralisée est expliquée notamment par la hausse de la TVA (passé de 5,5 à 10% sur la partie assainissement), la hausse des redevances pour lutter contre les pollutions et, des choix politiques locaux (ex: travaux de rénovation et modernisations des réseaux de distribution et d’assainissement…)

Un paradoxe est également soulevé dans cette enquête:  « abonnement inclus, le prix du mètre cube pour les petits consommateurs (50m3/an) est, la plupart du temps, plus élevé que pour les consommateurs moyens (120 m3/an) ». Les petits consommateurs d’eau ne sont pas avantagés par leurs efforts! Ici, le choix de l’abonnement semble être déterminant. Dans la liste des 10 plus gros écarts de prix entre les petits et les gros consommateurs, nous retrouvons la ville de Privas  où un gros consommateur paiera 4.81 euros le m3 et un petit consommateur paiera 6,14 euros le m3.

Enfin, vous trouverez dans ce dossier un débat autour des coupures d’eau qui sont, pour rappel, illégales dans les résidences principales depuis la loi Brottes.

Cette enquête est à retrouver dans le magazine 60 millions de consommateurs du mois d’avril

En Irlande et dans le reste de l’Europe, l’eau doit être un bien commun, pas une marchandise!

Au gouvernement irlandais et à la commission européenne

Les citoyens européens résistent depuis des années à la vague de privatisation de l’eau, promue par le secteur privé, les gouvernements et la commission européenne. Cette poussée est maintenant imposée par la Troïka dans les pays en crise, et adoptée par les gouvernements comme un moyen de réduire leur dette. L’Irlande est la dernière victime et les membres de l’European Water Movement veulent exprimer leur solidarité avec les citoyens irlandais résistant aux redevances de l’eau imposées par leur gouvernement et la Troïka. Nous voulons aussi rappeler à la commission européenne qu’elle devrait proposer une législation pour reconnaître et mettre en oeuvre les demandes de la toute première Initiative Citoyenne Européenne (ICE) validée.

Les citoyens dans toute l’Europe ont montré à plusieurs reprises qu’ils étaient opposés à la privatisation et à la marchandisation de l’eau. Ils l’ont montré à travers l’ICE pour le droit humain à l’eau, soutenue par près de 2 millions de personnes. Ils l’ont montré en Grèce quand la privatisation des sociétés publiques de l’eau imposée par la Troïka et le gouvernement grec a été stoppée. Ils l’ont montré en Italie avec un vote massif contre le profit garanti des gestionnaires privés de l’eau dans un référendum national. Ils l’ont montré par des consultations populaires à Madrid, Berlin, Thessalonique et dans beaucoup de grandes et petites villes à travers le continent. Et ce mouvement est en train d’inverser la tendance, avec plus de 180 villes, y compris Paris et Berlin, reprenant le contrôle public de leur gestion de l’eau durant ces dernières années.

Plus de 150000 personnes se sont mobilisées le 1er novembre dans toute l’Irlande contre les redevances de l’eau, après des mois de protestation et résistance. Les redevances de l’eau en Irlande établiront une discrimination envers les plus pauvres et les chômeurs. Les redevances de l’eau sont une autre taxe régressive à un moment où les citoyens sont invités à faire de trop nombreux sacrifices pour résoudre une crise économique dont ils ne sont pas responsables. Le service public de l’eau en Irlande est déjà payé par l’impôt, qui est progressif, et les Irlandais ont montré qu’ils souhaitaient que cela reste ainsi.

La campagne pour le droit à l’eau en Irlande peut sembler différente du reste de l’Europe, où les redevances de l’eau sont mises en oeuvre dans la plupart des pays. Mais la lutte est la même. Résister aux redevances de l’eau signifie lutter pour l’accès à l’eau en tant que droit humain universel, et contre la marchandisation de l’eau. Et cela signifie aussi empêcher des possibilités de privatisation de l’eau dans le futur.

L’European Water Movement est un réseau dont l’objectif est de renforcer la reconnaissance de l’eau comme un bien commun et l’accès à l’eau et l’assainissement comme un droit fondamental universel. Par conséquent, nous soutenons la résistance des citoyens irlandais contre les redevances de l’eau et nous appelons le gouvernement irlandais et la commission européenne à arrêter de pousser à la privatisation et à la marchandisation de l’eau, à mettre en oeuvre le droit humain à l’eau tel que reconnu par les Nations Unies et à exclure les services d’eau et d’assainissement des négociations commerciales présentes et futures.

Cordialement,

Aquattac
Berliner Wassertisch
Centro di Volontariato Internazionale
Comitato Acqua Pubblica Arezzo
Comitato Italiano Contratto Mondiale sull’Acqua
Coordination Eau Bien Commun Rhône-Alpes
Coordination Eau Île de France
Eau Bien Commun PACA
Ecologistas En Accìon
European Federation of Public Service Unions
EYATH trade union
Federación española de Ingeniería Sin Fronteras
Food & Water Europe
Forum Italiano dei Movimenti Per l’Acqua
Fondation France Libertés
Grupo ciudadano Priego Agua y Desarollo
Initiative K 136
Institut Européen de Recherche sur la Politique de l’Eau
Observatorio del Derecho Humano al Agua
Plataforma Contra la Privatizaciòn del Canal de Isabel II
Re:Common
Red Agua Publica
Rete Della Conoscenza
Save Greek Water
SOSte to NERO
Transnational Institute
Wasser in Bürgerhand
Xarxa per una Nova Cultura de l’Aigua

La victoire des usagers de l’eau de Courgent (Yvelines) donne de l’espoir!

Le 30/09/2014 le Tribunal Administratif de Versailles annule le contrat de DSP signé par le Maire de Courgent (Yvelines) avec Suez-Lyonnaise des Eaux.

En juin 2011, le Maire de Courgent (Yvelines) avait signé pour 12 ans avec Suez Lyonnaise des Eaux, un contrat de privatisation de la distribution de l’eau dans la commune.

Cette décision avait été prise sans consultation, ni même information, des habitants qui ont vu le prix de l’eau doubler du jour au lendemain.

Pour protester contre cette décision, une cinquantaine de familles a constitué une Association pour le Retour en Régie Publique de l’Eau (ARRPE) – qui a adhéré à la Coordination Eau Île-de-France – et refusé de payer les factures.

Plusieurs réunions publiques ont été organisées et divers recours ont été déposés devant les tribunaux : par la Lyonnaise, d’une part, qui voulait les contraindre à payer les factures, et par l’Association, d’autre part, devant le Tribunal Administratif de Versailles.

Celui-ci vient de rendre sa décision : « l’ARRPE Courgent est fondée à soutenir que la procédure de passation de délégation de service public conclue avec la Lyonnaise des Eaux est entachée d’irrégularité et à demander pour ce motif l’annulation des décisions litigieuses… ».

La délibération autorisant le maire à signer le contrat avec Suez est annulée et la commune doit résilier dans les six mois le contrat avec Suez, ce qui constitue un acte fort et peu fréquent. Enfin la commune est condamnée à verser 2000 € à l’Association.

Après la condamnation de Suez Lyonnaise des Eaux à Soissons pour avoir procédé à une coupure d’eau illégale, cette décision du TA de Versailles est une nouvelle victoire remportée par la mobilisation des citoyens contre les pratiques abusives trop souvent liées aux processus de privatisation au profit des multinationales de l’eau.

Cette victoire donne aussi de l’espoir aux usagers engagés dans le même combat. A Marseille par exemple où la Chambre régionale des comptes a ouvert une enquête sur la délégation du contrat à Véolia (la SEM). Voir le reportage Touche pas à mon eau! diffusé le 5/10/2014 sur Arte.

L’eau Nivolette : un exemple de participation citoyenne

Comment faire mieux comprendre à chacun les enjeux liés à la gestion de l’eau? Comment valoriser l’eau du robinet, promouvoir sa consommation comme boisson et réduire en même temps la production de déchets, en particulier les bouteilles en plastique ? Donner un nom à l’eau distribuée auprès des 62.000 abonnés des 24 communes de Chambéry métropole est un des moyens de la valoriser. Un nom choisi par les habitants eux-mêmes, parmi les 900 proposés, un nom ancré dans le paysage des montagnes de l’agglomération… elle s’appellera désormais Nivolette.

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